Tous les articles de Ophtalmologie

Prolapsus de la glande nictitante

La troisième paupière du chien est un repli de la conjonctive situé dans l’angle médial de l’œil (côté du nez). Elle est constituée entre autres d’une glande lacrymale superficielle. Celle-ci est responsable de la sécrétion de 30 à 60% des larmes produites au niveau de l’œil. Cette troisième paupière peut être le siège de différentes pathologies dont une des plus fréquentes est le prolapsus de la glande. Celle-ci fait alors saillie entre le globe oculaire et la troisième paupière : une petite boule rose-rouge qui a donné le nom de « cherry eye » en anglais à cette anomalie. Le traitement est chirurgical et consiste à replacer la glande dans une « poche » de conjonctive afin de lui faire retrouver sa position normale. L’ablation simple de la glande était (et est encore malheureusement) une solution souvent envisagée par manque d’informations : cette ablation provoque en effet une baisse importante de la quantité et de la qualité des larmes, baisse très dommageable pour l’œil.

Les larmes

Les larmes sont très importantes pour la préservation de l’intégrité de l’œil, elles veillent à son humidification, sa protection et sa nutrition. Pour cela elles sont composées de différentes « couches » (lipidique, muqueuse, aqueuse) qui ont chacune leur rôle et sont fabriquées par des glandes différentes situées un peu partout autour de l’oeil (sous la paupière supérieure, dans la troisième paupière…). Les larmes s’accumulent puis les paupières les étalent sur la cornée. L’excès quant-à lui est éliminé via les canalicules lacrymaux dont l’abouchement se situe sur les paupières inférieure et supérieure du côté nasal. Les larmes en excès sont drainées vers le nez avec possibilité aussi d’être éliminées dans la bouche. Parfois les larmes s’écoulent vers l’extérieur, le long du chanfrein. Cela peut être passager, quand il y a augmentation de leur sécrétion (douleur, inflammation) et que les canalicules n’arrivent pas à tout prendre en charge, ou permanent (certaines races sont prédisposées) quand l’écoulement est perturbé par une mauvaise position des paupières par exemple ou un problème au niveau du système d’évacuation (canal bouché, abouchement inexistant…).

Les conjonctivites, les ulcères

Tout comme nous, nos animaux de compagnie sont sensibles aux poussières, au vent, aux infections. Ils peuvent souffrir de conjonctivite allergique, d’inflammation… Les symptômes sont identiques à ceux que nous présentons lors de tels troubles : conjonctive rouge, larmoiement, douleur oculaire (l’animal ferme son œil, se frotte avec les pattes). Malheureusement, ces symptômes apparaissent aussi lors de pathologies beaucoup plus graves qui nécessitent absolument une visite chez votre vétérinaire : un corps étranger (souvent caché derrière la troisième paupière), un ulcère… Vous ne pouvez pas faire la différence par vous-même c’est pourquoi quand votre animal souffre au niveau oculaire, il est préférable de consulter rapidement. Un ulcère peut se déclarer suite à un coup de griffe, une épine, il peut être perforant ou non. S’il est perforant, les conséquences sont plus importantes : risque d’uvéite, de cataracte, de déformation de l’iris… Dans certains cas et/ou dans certaines races les ulcères peuvent aussi se déclarer spontanément sans aucun traumatisme.

Le glaucome

Au niveau de l’œil il y a une certaine pression que l’on appelle pression intra-oculaire (PIO) nécessaire au bon fonctionnement de cet œil, elle reflète l’équilibre entre l’enveloppe et les structures internes. C’est surtout un liquide (l’humeur aqueuse) située entre la cornée et le cristallin qui peut être responsable de variations de la pression. Quand la PIO augmente tellement que l’œil n’arrive plus à fonctionner correctement, on est face à ce que l’on appelle un glaucome. Au contraire de l’homme où la cause la plus fréquente est congénitale (de naissance), chez les chiens et les chats il est plus commun d’observer une augmentation de la pression suite à des problèmes acquis (inflammation dans l’œil, luxation du cristallin, traumatisme, tumeur…). Certaines races sont néanmoins prédisposées à développer des glaucomes dits primaires (congénitaux), c’est pourquoi certains animaux très jeunes peuvent être atteints. Le glaucome est malheureusement une affection généralement très douloureuse pouvant mener à la cécité. Le traitement est la plupart du temps médical mais il peut s’avérer nécessaire de passer par la chirurgie.

La vision des carnivores domestiques

L’œil du chien et du chat est composé des mêmes éléments que le nôtre, il ressemble à un appareil photographique. Les lentilles sont représentées par la cornée et le cristallin, l’iris est le diaphragme, la chambre noire une partie de l’iris et une partie de la rétine et le film quant-à lui est formé par la rétine. Tout comme chez nous, la transparence de l’œil est importante afin de permettre aux rayons lumineux de traverser toutes les structures et d’aller impressionner le film. La rétine est composée de différents éléments qui rendent possibles la vision des détails et des couleurs (les cônes) et la détection des mouvements (les bâtonnets). Chez nos carnivores domestiques la détection des mouvements est excellente de par leur statut de chasseur tandis que leur vision des détails et des couleurs est assez médiocre. Par contre ils possèdent une bonne vision nocturne. Les études réalisées chez le chien montrent qu’il est insensible à la couleur rouge mais est capable de faire la différence entre des lignes horizontales et verticales tout comme entre un rond et un ovale.

La kérato-conjonctivite sèche du chien

La kéraro-conjonctivite sèche est causée par une insuffisance lacrymale, la production des larmes étant fortement diminuée voire nulle. C’est une affection évoluant de façon chronique (les formes aiguës sont assez rares) : l’œil devient sec, douloureux, le mucus s’accumule dans le coin de l’œil, parfois même l’oeil est fermé, collé par les sécrétions. La cornée quant-à elle perd peu à peu son aspect brillant et lisse, les conjonctives sont rouges et sèches. Il existe différents niveaux d’atteinte de l’œil, ces symptômes ne sont pas toujours tous présents. Cette pathologie peut-être unilatérale, lors de traumatisme et d’atteinte de la glande lacrymale comme elle peut être bilatérale. Dans ce cas, plusieurs étiologies sont possibles : intoxication médicamenteuse, inflammation de la glande lacrymale, vieillesse, prédisposition raciale… Le diagnostic ne peut être posé que par votre vétérinaire et le traitement sera adapté à chaque cause. Malheureusement pour le propriétaire, dans la plupart des cas, le traitement devra se poursuivre toute la vie de son animal et ne devra pas être interrompu afin que le chien garde la vision au niveau de l’œil (des yeux) atteint(s).

La cornée

La cornée est la partie antérieure transparente de l’œil en contact avec l’extérieur. De forme elliptique, elle représente 17 à 30 % de la surface totale du globe oculaire et a une épaisseur de +/- 0,6 mm chez le chien et chez le chat. Elle est composée de plusieurs couches et de différents éléments comme des cellules et des fibres de collagène. Son rôle est primordiale pour l’œil, elle lui offre résistance, protection et transparence et permet la diffusion de la lumière. Les symptômes d’une atteinte de la cornée sont nombreux (œdème, pigmentation, néovascularisation, infiltration cellulaire, dépôt lipidique) et variables en fonction de la cause (ulcère, glaucome, sénilité, kératite,…).

La chirurgie palpébrale chez le chien

De nombreuses anomalies palpébrales (des paupières) peuvent exister chez les chiens . Elles peuvent être dues à des troubles du développement, des anomalies de conformation : paupière trop longue créant un entropion ou trop courte créant un ectropion, des anomalies ciliaires : cils mal implantés,… Toutes ces affections palpébrales n’ont pas les mêmes répercussions cliniques chez les animaux et ne nécessitent pas les mêmes traitements. Quand une chirurgie correctrice doit être envisagée (ce qui est fréquemment le cas), on la programme généralement quand le chiot a atteint un certain âge ou un certain poids, à moins que l’œil ne soit « en danger » et qu’il ne faille intervenir d’urgence (en cas d’ulcère ou de granulome cornéen par exemple).

A propos de nous

Situé à l’entrée du stade de Bielmont, à 2 minutes en voiture du Palais de Justice et du grand hôpital (CHPLT), desservi par les bus 294, 295, 390, 393, 395, 705 et 708, le centre vétérinaire vous accueille du lundi matin au samedi après-midi.

Adresse

Centre Vétérinaire Abyssin Place d'Arles 4 à 4800 Verviers

Email

mesveterinaires@gmail.com